Fabrice Koffy

Fabrice Koffy incarne très bien l’expression «citoyen du monde»: né au Canada, il a grandi en Côte d’Ivoire, étudié en Europe, puis est revenu au Canada pour poursuivre des études qu’il a finalement laissées au profit de sa carrière artistique. Ses mots reflètent l’esprit d’un homme sensible à son époque et à la réalité qui l’entoure, d’un auteur engagé et allumé devant les dilemmes de sa génération. C’est en juillet dernier que j’ai pu l’entendre pour la première fois, alors qu’il se produisait sur la scène de l’Agor’Afrique du festival Nuits d’Afrique. Il était alors accompagné de son acolyte Guillaume Soucy, mais également de Zal Sissokho, artiste sénégalais descendant d’une famille de griots. Ils avaient présenté quelques pièces tirées du répertoire de Koffy et adaptées pour l’occasion, mais aussi des morceaux inédits, fruits  d’une collaboration que nous pourrons entendre cet automne sur le nouvel album de Sissokho.

Cette première «rencontre» avec l’univers de Fabrice Koffy m’a incitée à écouter son album Poesic (2009), puis à lire son recueil Village mental paru à l’automne 2010 chez Adage édition. Sur le disque, Fabrice Koffy récite et chante ses textes sur des musiques du guitariste et compositeur Guillaume Soucy. Des chansons dont les thèmes naviguent entre la sphère privée (relations interpersonnelles, angoisses et craintes de l’homme…) et les préoccupations sociales et politiques. Fabrice Koffy pose notamment un regard critique sur la réalité africaine, ayant passé sa vie tant ici que là-bas (à écouter à ce propos: les pistes Fruit de la colonisation, Mon continent doit de l’argent, Vulgaire Gâteau).

Quant au recueil Village mental, il est constitué à la fois de textes inédits, de textes ayant déjà été performés et de textes de chansons remaniés. La préface est de Ivy, fondateur de la scène slam francophone au Québec. L’accès aux textes écrits permet une autre «lecture» de la poésie de Fabrice Koffy, plus lente et posée qu’à l’écoute d’une chanson ou d’une récitation rythmée tantôt par la guitare de Guillaume Soucy, tantôt par les  inflexions de la voix du poète même. Personnellement, je trouve que cette écriture, de par son style très «direct», ses thèmes, mais aussi la personnalité de son auteur prend toute son envergure dans la performance orale. Cela dit, le recueil proposant des poèmes inédits, la combinaison disque/recueil est la façon la plus complète de découvrir Fabrice Koffy.

Poesic, 2009, paru sous étiquette CD Baby

Village mental, 2010, paru chez Adage édition

Vous pouvez aussi entendre Fabrice Koffy au sein du Kalmunity Vibe Collective et lors de soirées slamontreal.

Publicités

~ par lemondedansmesoreilles sur août 16, 2011.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :