Festival de théâtre yiddish au Centre Segal

Demain débutera le deuxième Festival international de théâtre yiddish de Montréal, la première édition ayant été présentée en 2009 alors qu’on soulignait le cinquantenaire du Théâtre yiddish Dora Wasserman. La programmation, disponible en ligne sur le site du Centre Segal, rend compte d’un volet «Concerts» où art lyrique, musique chorale et musique klezmer seront notamment mis de l’avant. À noter également: un workshop de danse (gratuit pour les détenteurs d’un festipass) sera proposé le 21 juin à 11am. Différentes danses traditionnelles yiddish y seront enseignées.

Des volets théâtre, cinéma, une journée extérieure (le 19 juin en après-midi au parc Mackenzie-King, en face du Centre Segal) ainsi que des symposiums auront également lieu pendant toute la durée du festival. J’aimerais notamment souligner la tenue du symposium Parodie, humour et théâtre grotesque dans le théâtre yiddish le 16 juin à 15h au Studio du Centre Segal, rencontre (en français) où différents chercheurs et intervenants culturels discuteront du théâtre yiddish à partir de projets de recherche. Pour avoir déjà pris connaissance du sujet d’étude d’un des intervenants, soit Philippe Despoix, professeur au Département de littérature comparée de l’Université de Montréal, je me permets d’avancer que ces communications seront très intéressantes.

En quelques mots, M. Despoix se penche sur une oeuvre créée dans le contexte des camps de concentration de la Seconde guerre mondiale: le Verfügbar aux enfers. Il s’agit d’une revue-opérette écrite par une prisonnière au camp de Ravensbrück en 1944, l’ethnologue Germaine Tillion, à partir d’oeuvres musicales préexistantes et tout à fait hétéroclites: mélodies populaires, airs d’opéra, fables de la Fontaine, réclames publicitaires radiophoniques des années 30, etc. Avec les autres captives de Ravensbrück, elle s’est appliquée à écrire un livret en détournant les textes originaux des chansons au profit de nouvelles paroles reflétant le présent au camp, manière singulière de résister à la perte d’identité et à l’aliénation. Au-delà du caractère unique de ce témoignage musical et littéraire de la vie dans les camps, il faut considérer tous les risques qui ont certainement été pris pour que le document soit sauvegardé; se faire arrêter avec le manuscrit aurait probablement entraîné la mort de Germaine Tillion et/ou de ses consoeurs. Quant à la publication du Verfügbar, elle n’eut lieu qu’en 2005, mais il s’agit là d’une étape importante dans l’officialisation de l’oeuvre, notamment parce qu’on a alors transposé sur partitions les pièces qui n’étaient encore que des textes avec la mention «Sur l’air de…», question que les gens sachent sur quelle mélodie fredonner les paroles.

Quelques représentations ont été offertes dans les dernières années, à savoir notamment une en 2010 au mémorial de Ravensbrück pour le 65e anniversaire de la libération du camp, selon la mise en scène de la création au Châtelet de 2007.

Dans le cadre du symposium du Festival international de théâtre yiddish de Montréal, une performance musicale sera offerte par deux étudiants de l’Université de Montréal afin d’illustrer concrètement la teneur de cette oeuvre absolument unique.

Festival international de théâtre yiddish de Montréal

13 au 22 juin 2011

Centre Segal de Montréal

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~ par lemondedansmesoreilles sur juin 12, 2011.

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