Tangomanie – suite

Le 14 avril dernier, la maison de la culture Ahuntsic-Cartierville faisait salle comble pour Tangomanie, spectacle orchestré par le compositeur et arrangeur Victor Simon. Au programme, dix musiciens et danseurs venus décliner le tango sous toutes les formes possibles et imaginables: en formule plus «traditionnelle» avec piano et instruments à cordes, à saveur orientale avec le oud et le tombak, aux couleurs jazz pour piano solo, sans compter les quelques apparitions de la clarinette venue évoquer des influences de la musique klezmer. La danse et le chant étaient aussi de la partie, car comme l’a dit Victor Simon d’entrée de jeu:« Il n’y a pas de tango sans musique. Il n’y a pas de tango sans danse.»

Pour avoir déjà vu le pianiste et compositeur argentin en spectacle, je constate qu’au-delà des arrangements inventifs et souvent étonnants («Le p’tit bonheur» de Félix Leclerc en version tango, ce n’était pas précisément la première chose à laquelle je m’attendais!), l’une de ses forces est de savoir ponctuer ses performances de brefs commentaires pour bien nous faire comprendre sa démarche artistique. On a donc eu droit à toutes sortes d’anecdotes personnelles pour justifier tel ou tel métissage musical, telle ou telle reprise de chansons…

Si les classiques comme «La Cumparsita», «Por una cabeza» et «Libertango» ont évidemment été joués, Victor Simon a aussi présenté plusieurs compositions originales, tantôt inspirées par son immigration au Québec («Du Mont-Royal» qui évoque sa première fois au tam-tam sur la montagne), tantôt issues du répertoire familial («Buscandola estoy» du groupe Los Hermanos Simon), tantôt pensées pour ses grands-parents qui ont migré de l’Orient à l’Argentine («Errance», sorte de complainte chantée par Ismail Fencioglu). Pour lui, c’est «l’appel du sang» qui motive toutes ses explorations musicales des dernières années; arrivé au Québec, il avait le tango pour se rappeler l’Argentine, mais sentait le besoin de faire une place à ses origines du Moyen-Orient également.

Tangomanie était donc une célébration musicale autour du tango, mais également une célébration de la diversité musicale à Montréal. En effet, Victor Simon a parlé de la chance que les musiciens d’ici ont de pouvoir côtoyer des confrères du monde entier. Résultat: on peut assister à des rencontres musicales comme cette soirée, où le terme «musiques du monde» semble vraiment prendre son sens…

D’ailleurs, Tangomanie s’inscrit dans une série de spectacles organisée par le Forum sur les musiques du monde. Il reste quelques activités encore, bien que l’essentiel de la programmation soit déjà derrière nous. Notamment, une rencontre sous forme de plénière-débat aura lieu le 27 avril prochain autour des questions «Musiques du monde? Un terme dépassé?». Je suis de ceux qui doutent souvent de la pertinence de cette étiquette, mais après un spectacle comme Tangomanie, je me permets d’y repenser…

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~ par lemondedansmesoreilles sur avril 16, 2011.

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